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Chapitre 12 : Un de plus

A Travers Le Miroir voiture 

Louise, quel merveilleux prénom,

 

Merci infiniment pour vos confidences. Je vous en dois une également. Sachez que je ne vous priverai d’aucun plaisir. S’il vous plaît d’être entre les mains d’autres hommes, vous serez satisfaite, je vous en trouverai des convenables.

 

Je formulerai cependant deux requêtes que j’aimerais que vous acceptiez. La première est que je puisse être présent ; je rêve de vous voir jouir des plaisirs qu’ils vous seront offerts. La seconde est que vous me réserviez votre prénom et que pour tous les autres, il reste Fanny.

 

Ainsi, je vous réitère mon invitation à venir vivre auprès de moi. Mais, si vous refusez, je veux que ce ne soit que pour la raison suivante, mon plus grand secret, mon plus grand désespoir également : je suis dépourvu d’organes génitaux. Si votre rêve est d’avoir une progéniture, elle ne pourra être de moi. Mais, je vous promets de l’élever comme si j’étais son père.

 

Lorsque je n’étais encore qu’un enfant, des brigands jaloux de nos richesses ont exterminé toute ma famille. Je ne suis que le dernier d’une longue lignée. Ils m’ont laissé la vie sauve tout en s’assurant que je ne puisse avoir de descendance.

 

J’aimerais vous combler de tant de manières, mais il y en a une qu’il m’est impossible. Je suis privé de plaisir charnel, je rêve d’en vivre à travers vous.

 

J’attends avec impatience votre réponse, ma chère Louise. La vie n’aurait pas de sens si je suis loin de vous.

 

Votre bien aimé,

Stanislas.

 

Fanny finit de lire cette seconde lettre, nue, adossée contre sa voiture, assise sur le chemin de terre. Elle comprend maintenant pourquoi il avait si peur de lui faire l’amour. Louise a connu tant d’hommes, tant de jouissances. Stanislas ne devait pas se sentir à la hauteur. Elle est contente, fière d’avoir été sa première, ne faisant plus la différence entre le rêve et la réalité. Elle se sent impatiente de se coucher ce soir, de repartir le rejoindre, de sentir à nouveau son corps contre le sien.

 

Elle se sent amoureuse de ce personnage. Elle se sent amoureuse d’un homme qui a existé il y a bien longtemps, mais qui est mort depuis plus d’un siècle. Elle relie ces mots plusieurs fois avant de se décider à lire la lettre suivante. Elle trouve formidable qu’un homme soit prêt à tout pour sa bienaimée. Elle le trouve courageux de parler de son handicap sans vouloir l’imposer à Louise. Fanny aimerait qu’on lui fasse une telle déclaration d’amour. Elle n’en a jamais eu. Parfois, elle a reçu un “je t’aime” par mail, parfois un “je t m” par SMS. Mais, personne ne lui a jamais écrit de lettre. Elle envie Louise avec force d’avoir trouvé un tel homme, une personne aussi ouverte d’esprit.

 

Elle se lève, songeuse. Son esprit est embrumé par ses rêves, par sa curiosité. Elle veut lire la suite. Elle veut connaitre le dénouement de cette histoire. Elle revient à la réalité en entendant un aboiement. Elle tourne la tête et découvre un chien renifler sa robe sur le sol, laissée à quelques dizaines de mètres d’elle.

 

Quelques instants après, elle voit un homme portant un fusil sortir d’entre les arbres, et dire :

  • Qu’est-ce que tu as trouvé encore ?

 

Il prend dans sa main le vêtement et découvre Fanny nue à côté de sa voiture. Elle ne dit rien, elle ne bouge pas. Elle ne tente même pas de cacher sa poitrine avec ses bras. Elle ne cherche même pas à mettre ses mains devant son pubis. Elle se montre juste, s’exhibe devant ce chasseur qui esquisse un énorme sourire.

 

Il s’approche d’elle, elle ne fait aucun geste. Elle le regarde simplement, sentant qu’il la désire. Une fois à sa hauteur, il lui tend le tissu roulé en boule dans sa main en disant :

  • Eh bien, ma p’tite dame, il semblerait que vous ayez perdu quelque chose.
  • En effet. Merci de me l’avoir rapporté.
  • Vous profitez du beau temps ? Attention aux coups de soleil mal placés.
  • C’est gentil de vous préoccuper de mon sort.
  • Et que fait une si jolie femme toute seule ici à poil ?
  • Je n’étais pas seule il y a encore quelques minutes.

 

L’homme observe Fanny. Il voit l’alliance qu’elle porte à son annulaire gauche. Il voit cette substance blanchâtre dans ses cheveux dont l’odeur bien reconnaissable lui arrive au nez. Et il reprend :

  • Votre homme a tiré son coup et vous a laissé en plan ?
  • Il ne s’agissait pas de mon homme. Mais, oui, il est parti.
  • … Je comprends pas bien… t’es quoi ? Une sorte de pute ?

 

Ce mot qu’elle déteste. Ce mot qui l'insupporte. Il résonne en elle à cet instant. Il lui fait remuer les méninges, il lui fait repenser à tout ce qu’elle a vécu depuis qu’elle habite le manoir.  Elle se remémore chaque instant. Elle s’est offerte à cet homme juste après que Fabrice ne soit parti. Pourquoi ? Parce qu’il avait envie d’elle, ce qui lui a donnée envie de lui. Elle s’est donnée à ses déménageurs la veille. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient envie d’elle, ce qui lui a donnée envie d’eux. Elle a fait de même avec cet homme un peu plus tôt, et ça, juste parce qu’il avait envie d’elle, et donc elle de lui.

 

Non, elle n’a fait payer personne, pas eux en tout cas. Et, elle répond, avec le sourire, sans la moindre honte :

  • Oui, vous avez compris, je suis une pute. Je m’appelle Fanny.
  • Ok… ben, désolé pour toi, mais je n’ai pas de fric à dépenser dans ça.
  • Je ne demande pas votre argent, je n’en demande jamais. Il n’y en qu’un qui paye, un seul. Voulez-vous de moi ? Juste du sexe, rien de plus, rien de moins.

 

L’homme hésite. Il pose une main tremblante sur un sein de Fanny. Elle l’attrape, la plaque fortement contre son mamelon qui demande plus de vigueur, et elle pousse un long râle de plaisir. Il se laisse convaincre, ouvre son pantalon. Elle s’agenouille déjà, prête à sucer cette nouvelle verge qui lui donne envie, qui la fait saliver d’avance.

 

Quelques minutes plus tard, l’homme repart sans oublier de lancer des insultes salaces à Fanny. Mais, elle s’en fiche. Qu’est-il finalement pour avoir baisé sans hésitation une femme qui s’est montrée un peu ouverte ? Il n’est pas mieux qu’elle, loin de là même. Tous ne sont pas mieux qu’elle. Ces mêmes injures pourraient se retourner contre eux, et ils sont trop cons pour comprendre pourquoi. Alors, elle s’en fiche. Elle s’aime enfin. Elle s’aime libre et sans contrainte.

 

Elle se relève après avoir été prise en levrette, traitée de sale chienne. Elle se met debout en récupérant sa robe juste à côté qu’elle enfile aussitôt. Elle se fiche de ce sperme qui dégouline le long de son dos et de ses fesses. Elle se fiche du tissu qui s’y colle. Elle veut seulement lire la suite maintenant, la dernière lettre.

 

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