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Chapitre 15 : La Bêtise

A Travers Le Miroir La Bêtise

Fanny rentre dans le manoir libre. Elle est cependant précédée par les deux policiers. Ils peuvent constater qu’elle n’a pas menti sur le lieu, sur l’emménagement. L’un deux lui fait :

  • Eh bien, quel chantier. Et vous allez tout installé toute seule ?
  • Je n’ai pas le choix.
  • Cette table va rester dans l’entrée ?
  • Non. Je vais la mettre dans la salle à manger.
  • Vous allez réussir à la déplacer toute seule ? Elle a l’air bien lourde.
  • Je trouverai bien un moyen… comme pour la grande armoire là.

 

Elle récupère les papiers de la voiture posés sur une petite commode. Elle leur amène, les leur donne. Ils les regardent et les lui rendent en disant :

  • Bien, tout semble en règle. Nous allons maintenant vous escorter jusqu’à la station. N’oubliez pas cette fois votre carte de crédit.
  • Me laissez-vous le temps de changer de tenue ? Il va commencer à faire nuit et il fait un peu plus froid.
  • Eh bien, nous ne pouvons pas vous laisser sans surveillance.
  • Eh bien, venez avec moi.

 

Elle n’attend pas qu’ils répondent. Ils ont de toute façon l’air hésitant. Et Fanny va vers la chambre. Elle entend leurs pas, ils la suivent. Elle n’entend plus leurs pas, ils se sont arrêtés, pas loin d’elle, elle les sent la regarder.

 

Elle n’a aucune idée de quelle tenue mettre et elle s’en fout. Fanny n’a aucune envie de fouiller dans ses cartons ; elle retire sa robe, et ne se gêne pas de se montrer nue, même s’ils ne la voient que de dos. Elle les imagine la regarder de la tête aux pieds. Elle se sent différente, comme si elle n’est plus elle-même. Elle se sent bien. Elle se sent totalement libérée.

 

Elle reconnaît la voix de celui qui l’avait menottée, de celui avec lequel elle avait le plus parlé, de celui qui l’avait fait entrer dans la voiture. Elle reconnaît cette voix qui dit, découvrant les marques de ceinture sur le corps de Fanny :

  • Ils n’y sont pas allés de main morte, ces salauds.

 

Elle se retourne, elle leur fait face, exhibant sa poitrine nue, montrant tout son corps sans vêtements, plaçant ses mains dans le dos. Et d’une voix angélique, elle répond :

  • Je méritais bien plus, si vous saviez.

 

Et elle s’approche de lui. Il ne bouge pas, ils ne bougent pas. Elle s’approche jusqu’à poser ses mains sur les épaules de l’homme, puis lui sort en effleurant ses lèvres sur les siennes :

  • Je vous suis infiniment reconnaissante de votre indulgence, monsieur l’agent.

 

L’agent ne résiste plus, il embrasse Fanny. Ce baiser chaud et passionné réveille tous ses sens. Il sent à peine la main de son collègue se poser sur son épaule. Il entend à peine cette voix qui lui dit :

  • Bon… j’attends dans la voiture. Faites vite, j’ai promis à Katy de ne pas rentrer trop tard.

 

Puis, Fanny recule de deux pas. Elle tend ses bras en avant, joint ses poignets en disant :

  • Je suis une grande criminelle, monsieur l’agent. Il vaut mieux que vous me menottiez.

 

Un peu étonné un instant, l’homme se met à sourire, puis à rire. Et il attrape Fanny et la retourne d’une main ferme, d’une main puissante, la faisant sortir un cri d’étonnement et de plaisir, tout en lui disant :

  • Les mains dans le dos, et plus vite que ça.

 

Elle rit, elle adore. Il y a quelque chose de différent avec cet homme qui se montre bestial et tendre avec elle. Elle ne se donne pas à lui comme elle l’a fait avec les autres ces derniers jours. Elle s’offre à lui, et tout est différent. Elle a vraiment envie de ce nouveau corps, mais, elle n’en prend pas encore conscience.

 

~~~~*******~~~~

Debout, Fanny se regarde dans le grand miroir de l’entrée. C’est la pleine nuit. Les policiers sont partis depuis longtemps. Toute cette affaire de vol est réglée. Elle se regarde nue devant ce miroir de l’entrée du manoir, imaginant une magnifique robe qui couvrira bientôt son corps.

 

Elle dort depuis des heures, mais elle n’a pas l’impression d’être dans un rêve. Elle se regarde dans son grand miroir devant lequel sont posées des bottes, des cuissardes qui n’y étaient pas avant qu’elle ne se couche. Elle ne les reconnaît pas tout de suite. Le cuir est craquelé comme s’il n’avait pas été entretenu depuis un siècle. La couleur est passées. Mais la forme reste la même, les talons n’ont pas changé. Elle croit que ce sont les siennes, celles qu’elle avait laissé dans ce faux passé. Elle n’a pas le temps de s’attarder, elle veut autre chose.

 

Fanny sourit car elle va passer à travers ce miroir. Elle sourit car elle va revoir Stanislas. Elle pose ses mains dessus. Celles-ci commencent à s’enfoncer. Elle avance, puis disparaît de l’autre côté.

 

Elle est heureuse de se retrouver dans cet autre monde. Elle est là devant eux, n’arrivant pas à cacher sa joie, et dit :

  • Bonsoir Henry, bonsoir Marie-Hélène. Quel plaisir de vous revoir.
  • Bonsoir, Madame, le plaisir est partagé.
  • … Vraiment ? Vous avez l’air perturbé.
  • Je suis désolée, Madame, de vous donner cette impression. Mais, vous avez raison.
  • Puis-je en connaître la cause ? Où est Stanislas ?
  • Madame, ceci est la raison de notre tristesse. Monsieur nous a quitté.
  • … Je ne comprends pas. Il est parti où ?
  • Il vous a trop aimée, Madame. Vous ne devez plus revenir, pour votre bien. Laissez-nous.

 

Fanny n’a pas le temps de sortir un autre mot. Henry, avec une puissance phénoménale, la pousse, la force à traverser à nouveau le miroir. Elle perd conscience en tombant sur le parquet.

 

Elle ne se réveille que bien plus tard alors que, dehors, il fait jour depuis longtemps. Elle ne se demande pas pourquoi elle se trouve dans le hall d’entrée et non dans son lit s’il ne s’agissait que d’un rêve. Elle se lève, se précipite sur le miroir et pose ses mains dessus en espérant pouvoir le traverser à nouveau, et demander des explications. Le passage semble fermé. Elle se met à pleurer.

 

Elle ne veut pas se résigner pour autant. Elle essaye encore, de plus en plus fortement. Elle prend son élan et fonce dedans. Il n’y a comme résultat qu’une douleur à l’épaule et un son de verre brisé. Elle vient de casser la glace, son reflet se transforme en mosaïque. Elle en pleure d’avantage, et encore plus lorsqu’il se met à basculer. Celui-ci se désolidarise du mur, elle a juste le temps de se pousser pour ne pas se faire écraser par cette masse qui s’éclate au sol en mille morceaux.

 

Les jambes de Fanny ne la tiennent plus. Elle tombe à genoux au sol alors que la porte d’entrée s’ouvre violemment. Elle ne regarde pas qui cela peut-être, elle reconnaît la voix :

  • Est-ce que ça va ? J’ai entendu un bruit.
  • J’ai fait une grosse bêtise… Qu’est-ce que tu fais là ? Tu viens m’arrêter ?
  • Euh… non. Je suis en jour de récupération. Je passais par là… et…
  • Ça sent les pains au chocolat tout chaud.
  • Ouais… je ne passais pas vraiment par là par hasard en fait. Je me suis dit que tu aurais besoin d’aide pour tes cartons et tout et je ne voulais pas arriver les mains vides… pour éviter que tu fasses un autre cambriolage. Hey… Tu y tenais tant à ce miroir ?
  • Tu crois qu’on pourra le réparer ?
  • ...Ben… peu de chances... C’est quoi le truc en cuir coincé dans un bout du cadre ? On dirait une enveloppe.

 

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