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Chapitre 3 : Abandon

A travers le miroir abandon 

Une voix l’appelle. Une voix qu’elle reconnaît l’appelle :

  • Hey, Fanny… hou hou, chérie, ça va ?

 

Fanny ouvre les yeux. Elle est nue dans le hall d’entrée devant le miroir. Elle tente de reprendre ses esprits. Mais, elle se sent sans force, n’arrive pas à se lever, comme si le vieux parquet abîmé ne voulait pas qu’elle se détache de lui. Fabrice ajoute :

  • Ben alors, tu as dormi là cette nuit ?
  • Hein ? Non… enfin… je ne crois pas…
  • J’en connais une qui a bu un peu trop de vin hier soir… Tu te souviens au moins de la pipe mémorable que tu m’as faite ?
  • Heu, oui… oui, je m’en souviens.

 

Fanny passe sa main sur sa gorge. Elle est nue, sans son ras du cou. Elle se souvient de l’avoir enlevé après ses masturbations, juste avant de se coucher contre son mari sur le matelas gonflable. Elle se souvient, sans se souvenir en fait. Pour le moment, elle ne réalise pas grand-chose. Elle a encore un peu de mal à faire la différence entre ce qui est réel de ses rêves.

 

Elle sent ses forces revenir doucement. Elle arrive enfin à se lever alors que Fabrice est parti pour faire chauffer de l’eau, eau qui servira pour le café soluble. Elle se regarde dans ce grand miroir, regarde son cou dont son corps se souvient de l'étreinte d’une main qui l’empêchait presque de respirer. Mais, elle n’y voit aucune marque.

 

Fanny regarde sa poitrine. Elle la sent palpiter bien qu’aucune trace de torture n’apparaisse dessus. Ses tétons sont pourtant tendus. Elle passe une main sur sa peau, elle pousse un gémissement qu’elle contient pour ne pas être entendue. Elle est sensible, atrocement sensible, merveilleusement sensible.

 

Quel rêve étrange tout de même. Aucune marque n’est présente sur son corps, et pourtant, ce dernier réagit comme s’il y en avait. Elle s’assoit sur le sol alors que Fabrice amène le petit déjeuner. Cette fois, elle ne peut s’empêcher de sortir un petit cri de douleur comme si ses fesses avaient été lacérées. Son mari lui demande :

  • Tu as mal quelque part ?
  • Non… non. J’ai… juste été surprise par le froid du parquet.

 

Elle n’en pense pas un mot. La température du sol lui fait, au contraire, du bien, permettant de refroidir la fournaise de son postérieur. Fabrice sort un rire tout en disant :

  • En même temps, si tu t’habillais, ça n’arriverait pas.
  • … Je ne suis pas encore très réveillée. Et ça te gêne que je sois nue ?
  • Non. Enfin… ça ne me gêne pas, mais nous ne sommes pas des animaux…. Bref, tu fais comme tu veux tant que tu as un joli corps, ça me va.

 

Fanny regarde son mari d’un air froid. Elle le prend mal même si cela ne l’étonne pas venant de lui. Et il reprend, sur un sujet totalement différent, sans réaliser le coup de canif qu’il vient de lui donner :

  • Au fait, tu n’as pas vu mon tee-shirt ?
  • Lequel ?
  • Je n’en avais pris qu’un. Tu sais, celui avec la tête d’Homer Simpson sur le ventre.
  • Désolée, non.
  • Je suis pourtant certain de l’avoir mis dans la valise…
  • Je ne sais pas quoi dire, je ne l’ai pas vu.

 

Le coeur de Fanny se met à s’accélérer. Bien que dans son rêve elle n’avait pas vu ce qu’elle avait enfilé, elle sait qu’il s’agissait d’un tee-shirt de son mari. Elle se rappelle que celui-ci avait été mis en lambeaux…. Elle sent ses fesses brûler, elle sent sa poitrine martyrisée, elle sent cette main l’étrangler. Ce rêve était bien trop réel. Sa tête commence à tourner.

 

  • Fanny, ça va ? Tu es toute blanche.
  • Heu… je vais aller m’allonger un peu, d’accord ?
  • Oui, vas-y, je m’occupe du reste.

 

Lorsque Fanny se réveille en fin de matinée, elle ne ressent plus les douleurs de coups et d’étranglement. Sa poitrine reste cependant gonflée, ses tétons pointent. Mais, les sensations sont agréables. Elle enfile un jean et un débardeur inquiète de n’entendre aucun bruit dans la maison. Elle retrouve Fabrice dans le jardin, au téléphone. Elle lui fait un signe pour lui montrer sa présence, mais l’homme est bien trop occupé pour y répondre.

 

Une fois avoir raccroché, il annonce à sa femme une nouvelle : il va partir aujourd’hui même, dans peu de temps. Elle reste sans voix alors qu’il disparaît dans la maison pour préparer ses affaires. Elle n’aura une explication que plus tard, lorsqu’ils déjeunent ensemble dans un bistro proche de la gare. Elle l’a accompagné, elle n’avait pas vraiment le choix : ils n’ont qu’une voiture. C’était donc ça ou elle serait restée coincée au petit manoir sans pouvoir se déplacer.

 

  • Tu devais partir demain soir, pourtant.
  • Oui, mais plus vite parti, plus vite revenu. J’ai vraiment besoin d’avancer dans mon travail. Je comptais le faire ce week-end, mais ce n’est pas possible sans électricité ni internet.
  • Ce week-end ? Malgré l’emménagement ?
  • Ben, comme le camion n’est pas là... Ne sois pas triste.
  • … Je n’ai pas trop envie de rester toute seule. Je vais avoir peur.
  • Ça serait arrivé quoi qu’il en soit. C’est toi qui voulais acheter ce manoir, pas vrai ?
  • J’ai eu un coup de coeur. Tu ne l’aimes pas ?
  • Tu sais que je préfère le moderne.
  • Alors, pourquoi avoir accepté ?
  • C’était moins cher qu’un terrain nu. Au pire, on pourra le détruire pour construire quelque chose de mieux.
  • … Mieux ?... Oui, au pire… Ton train est dans combien de temps ?
  • 20 minutes. On a le temps de se prendre un café.
  • Non merci. Je ne peux plus rien avaler.
  • Je n’avais pas remarqué, mais tu ne portes pas de soutien-gorge ?
  • Euh… non. Je ne suis pas lavée non plus. Nous sommes partis un peu précipitamment.
  • Eh bien, je trouve ça vulgaire en public.



Fanny n’est pas seulement vexée, elle se sent humiliée par son mari. Elle baisse la tête pour cacher les larmes qui commencent à monter. De toute façon, Fabrice ne la regarde déjà plus. Il est sur son téléphone à consulter certainement des choses pour son travail. Il attend son café. Elle ne dit rien, reste juste en présence de son homme qui ne s’imagine même pas la souffrance qu’il vient d’infliger à sa femme. Puis, elle se lève, s’excuse, elle a besoin d’aller aux toilettes.

 

En sortant, un homme la croise. Elle ne le regarde pas, ne fait pas attention à sa présence. Elle entend juste sa voix qui lui glisse à l’oreille :

  • Pour ma part, je ne trouve pas du tout cela vulgaire. Bien au contraire. Vous êtes un régal pour les yeux.

 

Elle ne peut s’empêcher de découvrir qui vient de lui parler. Il n’est pas particulièrement beau, pas attrayant non plus. Mais, le sourire qu’il vient de lui lancer la fait rougir instantanément.

 

Fabrice n’est plus à sa place. Elle le voit au comptoir en train de payer. Ils sortent du restaurant, il lui dit :

  • Je préfère y aller maintenant pour être certain de ne pas le louper. Je t’appelle en arrivant.

 

Il l’embrasse sur le front. Il part sans se retourner, sans lui avoir proposée de l’accompagner. Cette fois, les larmes de Fanny coulent sans retenue. Elle est seule, abandonnée, sans personne avec qui parler.

 

 

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