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Chapitre 10 - Déception

Pauline Année de Terminale

Le samedi, les routes étaient praticables. Le dimanche, ma mère prit le premier train pour retourner sur Paris, ayant trouvé à se loger chez des amis. Elle partit sans se retourner, me faisant même la tête  pour ne pas avoir voulu la suivre. Je reste seule avec mon père. C'est plus silencieux, c'est plus reposant… c’est si agréable.

Le lundi, j’arrive au lycée en ayant presque oublié ce qu'il s'est passé la semaine précédente. Premier cours, Math avec Monsieur Mathur, mon prof principal en plus. Il me regarde de travers. Désolée pour lui, je suis habillée normalement. Et à peine le cours a débuté, interro surprise... un QCM. Je repense aussitôt à ce qu'a dit Emilie. Je me mets à stresser. Les choses sérieuses commencent maintenant. Aurais-je dû m'habiller plus sexy ?

Le cours se déroule normalement, sans rien de particulier à signaler, si ce n’est une appréhension, une sorte de prémonition que quelque chose va m’arrive. Je souffle, je pense que je me suis faite des idées pour rien.

Le cours se finit, le professeur annonce alors que le cours de science de la vie de l'après-midi est annulé car le professeur est malade. Tout le monde exulte sa joie, évidemment. On se prépare pour partir, Monsieur Mathur me demande de rester un instant pour me parler. Une boule se forme dans mon ventre, j’ai des sueurs froides.

Il attend que nous soyons seuls dans la classe pour me dire :

  • Monsieur Taral a été agréablement surpris par tes performances de la semaine dernière. Je tenais à te le dire. Il espère que tu sauras te dépasser pour ce dernier cours de natation, et ce dernier cours de sport de l'année aussi. Penses-tu qu'il sera déçu ?
  • … Je ne pense pas, monsieur.
  • C'est très bien. J'ai aussi eu des remontées par rapport au cours de chimie avec Monsieur Bellin. Lui non plus n'a pas été déçu. Il espère bien la même chose demain. En fait, il n'y a que moi qui a une certaine déception aujourd'hui. Te doutes-tu pourquoi ?
  • Ma tenue ?
  • Déjà que je trouvais ta jupe trop longue la dernière fois... là, je n'ai aucun mot pour décrire. Si, par hasard, tu tenais à mettre à nouveau des bas pour ne pas avoir froid aux jambes, ne supportant pas pour ma part les collants, je te suggère un porte-jarretelles pour éviter qu'ils ne tombent.
  • J'ai compris le message, monsieur. Je rectifierai pour le cours de jeudi matin.
  • Je ne t'en veux pas, se sont des erreurs de débutants, c'est normal. Tu as bien philosophie jeudi après-midi, non ?
  • Oui...
  • Monsieur Tranglou... encore un homme exigeant. Il aime les habits, mais voir au travers en même temps lui fait particulièrement plaisir. Il aime les sous-vêtements, surtout ceux qui restent dans les tiroirs. Bon, et bien, bon appétit Pauline, et à jeudi.
  • A jeudi, monsieur.

Je suis stressée à mort. Ma jupe de la semaine dernière était trop longue ? Mais, je n'ai pas plus court. Porte-jarretelles, je n'en ai pas non plus. Des habits transparents, j'ai peut-être un ou deux débardeurs où on voit un peu au travers, mais certainement rien qui convienne vraiment. Peut-être ma mère aurait ce genre de choses, mais elle est partie avec tous ses habits. Il faut que je fasse du shopping… je pense à me préparer pour la suite alors que je devrai être dégoûtée de la situation ? Pourquoi je réagis comme cela ?

En sortant de l'école, je vais directement au travail de mon père pour lui demander sa carte bleue. Il veut savoir pourquoi j'ai besoin de m'acheter des habits. J'invente une histoire comme quoi je piquais souvent celles de ma mère et que là, j'en ai vraiment besoin. Il n'insiste pas, me demande de ne pas trop dépenser.

Je me prends un sandwich en attendant le bus qui amène au centre ville. Je fais le tour de 3-4 boutiques, mais vraiment rien qui pourrait aller. C'est sûr, à Paris, j'aurais trouvé mon bonheur en quelques minutes.

En me baladant, je passe à côté d'une boutique de lingerie. La vitrine montre des choses plus osées que celles de grandes enseignes. Cela semble être pour des femmes plus mûres, mais je rentre tout de même. Je n'ai pas le choix quelque part, il faut que je trouve de quoi m'habiller pour jeudi. Et même si j'ai encore mercredi après-midi pour chercher, je préfère prendre de l'avance.

Une femme d'une quarantaine d’année, élégante, bien maquillée, m'accueille gentiment, la gérante du magasin certainement :

  • Bonjour Mademoiselle. Que puis-je pour vous ?
  • .. Je regarde juste.
  • Appelez-moi au besoin.

Je n'ose pas aller là où j'ai remarqué la lingerie sexy. Elle me fixe, je suis la seule cliente, la seule dans la boutique avec elle. Elle me prend peut-être pour une voleuse… je ne sais pas, mais elle ne me quitte pas des yeux. J’ai envie de partir et en même temps… je reste du côté des sous-vêtements de tous les jours, mais jette régulièrement un œil dans le rayon "coquin". J'ai repéré les porte-jarretelles, des ensembles string et soutien-gorge transparents. Ils pourraient peut-être convenir, même pour monsieur Tranglou.

Je me perds dans mes pensées, je n'ai pas vu la femme arriver et sursaute lorsqu'elle me demande :

  • Je vous vois hésiter. Cherchez-vous quelque chose pour tous les jours ou … pour une occasion spéciale ?
  • Heu... occasion spéciale ?
  • Venez avec moi. Je pense que nous ne trouverons rien dans ce rayon.

Elle doit certainement sentir mon stress et je suis totalement intimidée. Je me souviens qu'avec les copines, lorsque nous allions voir la lingerie, nous nous moquions de ces sous-vêtements trop sexy, disant qu'il n'y avait que les salopes et les putes pour en porter. Et elle m'amène justement dans ce rayon, là où j'ai repéré les porte-jarretelles.

Elle prend un ensemble string soutien-gorge noir en me disant :

  • Ce modèle a beaucoup de succès.

Je le regarde, il est effectivement sexy, mais aucune transparence, rien. J'ose lui dire :

  • Vous n'auriez pas quelque chose d'un peu plus...

Je n'arrive pas à finir ma phrase, mais elle sourit en comprenant. Elle m'invite à me dévêtir un peu. C'est vrai que les radiateurs doivent être à fond vu la chaleur qui y règne.

Je retire donc mon gros manteau d'hiver. J'enlève aussi mon pull. Je suis en débardeur, j’ai encore chaud, mais je ne pense pas que cela vienne de la température ambiante. Elle me regarde et me sort :

  • 90C pour la poitrine ?
  • Heu... Oui.
  • Un 36 pour le bas.
  • Exact.

Elle a l'œil. Elle sort un autre ensemble, blanc cette fois, de la transparence au niveau de la poitrine, au niveau du string aussi. Il pourrait convenir, je pense. Peut-être que mon regard s'attarde un peu trop sur les porte-jarretelles car elle me dit :

  • Malheureusement, ce n'est pas un modèle trois pièce... Cependant, si vous voulez vraiment lui faire de l'effet, j'ai quelque chose qui pourrait vous plaire.

Elle part en bout de rayon et revient en me montrant un ensemble rouge et noir. Je ne sais quoi dire en le voyant, mais elle, tout naturellement, me le présente :

  • Donc, il est composé d'un redresse-seins, d'un string ouvert, mais sa version fermée existe aussi, et du porte-jarretelles assorti. Je reconnais que malgré un prix très abordable, il n'a pas beaucoup de succès. Pourtant, il est magnifique. Qu'en pensez-vous ?
  • Je ne sais pas trop...
  • Peut-être qu'en l'essayant vous pourriez mieux le juger. La cabine est au fond. Je vous y emmène ?
  • Oui, d'accord.

Je me déshabille. Je garde ma culotte, comme d'accoutumé. J’enfile l’ensemble, remarque au passage qu'il n'y a pas de miroir dans la cabine, il est juste à côté, à l'extérieur. Je vais avoir du mal à juger sans me voir. Alors que je tente d'attacher le porte-jarretelles, la femme entre-ouvre le rideau en me demandant :

  • Tout se passe bien ? Je peux vous aider ?
  • … Je ne sais pas trop comment l'accrocher.
  • Ce n'est pas compliqué... Il y a une protection hygiénique sur le string, vous pouvez retirer votre culotte. Enfin, c'est juste un conseil pour avoir une meilleure impression.

Je suis son conseil, mes oreilles se mettent à bourdonner. Elle m’invite à sortir pour que je me regarde dans le miroir. Il n'y a toujours que nous deux dans la boutique, et je suis cachée de la vitrine.

Me présenter ainsi devant elle fait réagir mon corps. J'ai l'impression d'être nue. C'est bien le cas pour mes parties intimes du corps. En me découvrant devant le miroir, la voyant me regarder par derrière, une vague de chaleur bien agréable m’envahit. Je sens et remarque ma poitrine se gonfler, mes tétons sortir. Elle ne peut que le remarquer. Mais, l'air de rien, avec une voix plus douce et tendre, elle me dit :

  • Il m'arrive de le dire sans le penser, mais cette fois c'est vrai : il vous va très bien. Voulez-vous essayer avec des bas ?
  • … Il m'en faudra de toute façon.
  • Je vais vous en chercher. Je pense que la résille sera parfaite pour cet ensemble.
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