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Chapitre 32 - Malade

Pauline Année de Terminale

  • Pauline, rentre, tu vas avoir froid.
  • Non, je n'ai pas froid... C'est beau la neige qui tombe. Je n'avais jamais regardé avant. Tu te rends compte ? J'ai toujours trouvé ça si froid, sans âme. En fait, c'est magnifique. T'as remarqué qu'il n'avait pas neigé depuis la dernière fois que je suis venue chez toi ?
  • Oui, j'ai remarqué. Mais les voisins peuvent te voir, et mes parents risquent de rentrer plus tôt à cause de la neige. Ca leur ferait bizarre de te trouver à poil dans leur jardin.
  • … Paul, t'avais pas envie de me faire l'amour ?
  • Si, mais pas toi. Je pense que tu aurais accepté juste pour me faire plaisir.

 

Je suis comme dans un état second, j’ai chaud, très chaud. Je me mets à tourner sur moi-même. Je me vide la tête… et si je m’étais laissée faire par Marie-Aude ? Je sais ce qu’il se serait passé après, je sais que je serais devenue la proie de cette poignée d’élèves.

Je tourne encore sous les flocons qui tombent, et le décor se met à défiler à une allure infernale sous mes yeux. J’entends Paul me dire d'un ton inquiet :

  • Pauline, t'es toute blanche…

 

Et tout devient noir, je sens mon corps tomber lourdement.

 

Je mets du temps à réaliser où je suis en me réveillant. Dans un lit… une chambre... la chambre d'ami de chez Paul. Je me lève, j'ai soif, ma tête tourne. Il fait nuit dehors, je n'ai aucune idée de l'heure qu'il peut être. J'entends du bruit dans la cuisine et j'y entre. Il y a les parents de Paul qui sont en train de prendre leur petit-déjeuner. Le père me regarde avec de grands yeux, la mère se lève en lançant un juron et me dit :

  • Mademoiselle, je ne sais pas comment c'est chez toi, mais ici, on ne se promène pas toute nue dans la maison. Vas enfiler quelque chose.
  • … J'ai soif... j'ai chaud…

 

Tout se met à tourner autour de moi. Elle me prend la main, met l'autre sur mon front en disant :

  • T'es encore brûlante. Je te ramène dans le lit, on va t'amener de l'eau.

 

Je la laisse m'entrainer et je m'arrête, affolée :

  • Mon père, il ne sait pas où je suis. Il faut que je l'appelle.
  • Calme-toi, tout va bien. Il est au courant et est même passé hier soir. Et toi, tu ne sors plus du lit maintenant. Je vais appeler un docteur.

 

Je m'allonge. Alors que je mourrais de chaud une minute avant, je commence à greloter. Je me mets bien sous les draps, le père de Paul m'amène le verre d'eau. Je bois, la mère me demande si ça va mieux. Je ne réponds pas, ça ne va pas du tout. Je l'entends dire « vite, une bassine », mais trop tard.

C'est douloureux, je sanglote, je n'aime pas être malade. J’ai honte :

  • Pardon, je vais nettoyer.
  • Ne dis pas de bêtise. On va te préparer le canapé lit de la chambre de Paul. D'ailleurs, il n'est pas l'heure de le réveiller pour le lycée ? Chéri, tu t'en charges ?

 

Elle me prête un peignoir, mais avant d'aller dans la chambre de Paul, je dois m'arrêter aux toilettes pour vomir à nouveau. Mon ventre est vide, c’est pire, ça me fait mal. A peine arrivée au canapé lit, je me couche, Paul est déjà levé et n’est plus dans la chambre. Je mets toutes les couvertures possibles sur moi, j’ai terriblement froid. Puis, je m’endors, dans un sommeil profond. Il parait que le docteur est passé. J’ai rêvé à la place, de sexe, de violence, d’humiliation, de souffrance.

C'est à nouveau en sueur que je me réveille, mourant à nouveau de chaud, retirant les couvertures, et le peignoir. La mère de Paul est là, assise au bureau de son fils. Elle ne dit rien sur le fait que je sois à nouveau nue et me donne un verre d'eau trouble en me disant :

  • Bois, ça devrait aider à faire tomber la température.

 

Je finis le verre, mais je ne garde pas longtemps dans mon ventre ce que je viens d’avaler. Cette fois, il y a une bassine à côté de moi.

Et je recommence à avoir froid, me blottissant dans les couvertures. Elle s'approche, s'assoit sur le bord du lit et me dit :

  • Tu as une bonne grippe.
  • C'est nul. Et ça vous donne beaucoup de travail en plus.
  • Ce n'est pas grave... te souviens-tu de ce qu’il s’est passé aujourd’hui ?
  • … Non, pourquoi ?
  • Ca doit être à cause de la fièvre, mais …
  • Que c’est il passé ?
  • Lorsque le docteur t’a auscultée, tu as plusieurs fois attrapé sa main pour la glisser entre tes cuisses. Et ensuite, tu t’es caressée… quasiment jusqu’à ce que tu te réveilles il y a quelques minutes. Je trouve ce comportement étrange. Et tu as parlé de choses dans ton sommeil… tu aurais une explication ?
  • … Non, je devais certainement délirer. Je ne me souviens pas.
  • Ok… bon, repose-toi. Je vais voir pour te préparer un truc à manger.

 

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