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Chapitre 7 - Pas seule

Pauline Année de Terminale

Le temps que je remette mes vêtements, cachée dans les toilettes, tout le monde est parti. Enfin, pas vraiment. En prenant le couloir, je vois Paul parler avec d'autres. Je ne veux pas qu'ils me voient, j’ai été assez humiliée comme cela pour aujourd’hui, je n’ai pas besoin de plus. Je me cache derrière une armoire. Et je les entends parler. Paul semble en désaccord avec les autres qui lui disent :

  • Mais, laisse tomber. Elle le mérite bien. Tu ne te souviens pas comment elle nous a insultés dès le départ ? C’est une pouffiasse cette fille, une sale connasse. Tu crois vraiment qu’elle est obligée ?
  • Vous ne vous rendez pas compte... ça va pourrir sa vie à jamais.
  • Et si tu fais quoi que ce soit, c'est la tienne qui va être pourrie. Et puis, t'as vu, ça lui plait. Si elle n’aimait pas ça, elle ne mouillerait pas comme une fontaine…
  • Je ne crois pas. C'est pas si simple.
  • … Ce n'est pas Emilie. Te mêle pas de ça, pour ton bien.

Emilie ? C'est qui ? Je sors de ma cachette, avec une sorte de lueur d'espoir dans les yeux. Il y a une partie de vrai dans ce que disait l’autre, mais je n’ai aucune envie que ces situations se reproduisent. Ils me voient et partent, mais pas Paul. Je suis directe avec lui :

  • C'est qui Emilie ?
  • Personne.
  • Elle a subit la même chose que moi, c'est ça ? Je veux la rencontrer, s'il te plaît.
  • Non, ce n'est pas possible. Et même si je te la présentais, elle ne voudra pas te parler.
  • … Alors, ça ne changera rien que tu essaies... S'il te plaît.

Je le supplie, pleure devant lui. C'est peut-être ma seule chance d’arrêter ce qui se met en place. Il a le regard triste et finit par me dire :

  • .. Je pense vraiment que tu ne mérites pas ça. On va y aller, je t'emmène la voir.

J'ai soudainement l'impression de respirer pour la première fois de ma vie. J’apprends alors que Paul a redoublé sa première, a aujourd’hui plus de 18 ans, son permis de conduire en poche et une voiture. Nous irons voir cette Emilie demain après-midi.

Mais, avant, je dois subir cette matinée de ce mercredi. Et je ne sais absolument pas ce qu’il m’attend durant les cours d'anglais et d'espagnole. Il m’est déjà arrivée de venir à l'école avec la boule au ventre, entre autres à cause d'une interro où je savais que j'allais me planter. Mais, cette fois, je ne sais pas du tout à quoi m'attendre.

Et la matinée se passe sans rien. Je suis soulagée. Nous partons dès la fin des cours. Il m’emmène à 150 kilomètres de là... nous ne parlons pas de tout le trajet. Et pourtant, j’ai des milliards de questions à poser, sans savoir par laquelle commencer.

Il s'arrête à côté d'un petit bistro. Nous sortons de la voiture, il me fait rentrer dans l'établissement. Un jeune homme, un serveur certainement, nous annonce :

  • Désolé, mais le service est terminé pour ce midi.

Paul lui dit que nous ne sommes pas là pour manger et veut savoir si Emilie est dans le coin. L'homme l'appelle, et je remarque une fille très grosse, sans aucune joie de vivre s'approcher. Paul va tout de suite à sa rencontre, elle semble heureuse de le voir. Ils se font la bise, se prennent dans les bras et se mettent à discuter en retrait.

A un moment, j’entends la fille lui dire :

  • Non, hors de question. Fais-la repartir ! Je ne veux plus jamais reparler de cette histoire.

Paul parle doucement, je n'entends pas ce qu'il lui raconte. A plusieurs reprises, elle jette un œil sur moi. Et elle lui répond :

  • Ok, cinq minutes, pas une seconde de plus.

Paul vient me chercher et me fait assoir face à Emilie, puis va plus loin pour nous laisser en tête à tête. Elle a les yeux rouges, elle est au bord des larmes. Sèchement, elle me demande :

  • C'est quoi exactement ton histoire à toi ?

J'ai dû mal à savoir par où commencer, les mots m'écorchent la bouche comme des lames de rasoir. Je ne pensais pas que ça serait si dur de tout raconter.

Les cinq minutes sont passées, mais elle continue à m'écouter. Je me mets à pleurer, elle aussi. Elle sait parfaitement ce que je ressens et vis. Et lorsque je finis, n'ayant pas hésité à rentrer dans les détails, elle me demande :

  • Et qu'est-ce que tu attends de moi ?
  • Que tu m'aides à sortir de ça.
  • Ce n'est pas possible. Ils t'ont photographiée et filmée, ils te feront chanter pour que tu assouvisses le moindre de leur désir.
  • Mais, il y a bien une solution, quelque chose... un prof sur qui compter ?
  • Non, personne. Ils sont tous à mettre dans le même panier. J'ai essayé, qu'est-ce que tu crois ? J'ai dit non une seule fois. J'ai été convoquée chez le directeur, il y avait ma mère. Il lui a montré des photos de moi en train de me masturber dans la classe. Il a joué le mec gentil en excusant mon écart... j'ai compris l'avertissement.
  • Le directeur aussi ?... Ça a commencé comment pour toi ?

Elle ferme un instant les yeux, puis les ouvre en soufflant fortement et en me racontant :

« Je ne sais plus, vraiment. Mais, c'était une sorte de jeu pour moi. Putain, j'avais eu un 17 sur 20 en histoire alors que j'étais super nulle, juste parce que j'avais écarté les cuisses. C'était génial et facile, j'allais avoir un super dossier scolaire pour aller où je veux après.

Au premier trimestre, j'étais première de la classe juste en couchant. Et puis, après, mes notes étaient moins bonnes. Ils me demandaient de faire de plus en plus de trucs pour faire monter ma moyenne. C'était devenu un cercle infernal et j'étais totalement seule, personne pour me soutenir.

Je me suis retrouvée à me faire partouzer dans la salle des profs juste pour obtenir un simple 5 en math, la matière où j'étais la plus forte. Tu vas comprendre pourquoi ils aiment tant les QCM... ça leur permet de truquer tes réponses... ils adorent t'obliger à faire ce qui te répugne.

Je suis désolée pour toi, mais la seule consolation que tu auras c’est de te dire que tant qu'ils sont sur toi, une autre est sauve. Tu n'es pas la première à qui ça arrive, moi non plus d'ailleurs, et tu ne seras pas la dernière. Tu as dû te demander pourquoi il n'y avait que des profs masculins dans ce lycée... Tu connais maintenant la réponse. »

Ses larmes coulent de plus belle, elle semble revivre chaque instant de ce qui lui est arrivé. Mais, je lui demande tout de même :

  • … Il n’y a jamais eu de prof femme ?
  • Si… elles ne sont jamais restées longtemps. Le directeur leur fout la pression pour qu’elles dégagent : « Trop gentille… Trop sévère »… Jamais rien ne va…

Je la remercie pour ces confidences, mais il est temps de repartir. J'aurais pu lui demander bien plus, avoir plus de détails. Mais à quoi bon, je sais maintenant à quoi m'attendre. Nous repartons avec Paul. Puis, au bout de plusieurs kilomètres, il me dit :

  • Tu sais, elle n’était pas comme ça avant. Elle était jolie comme un cœur, bien foutu à en faire baver plus d'un… Une joie de vivre comme pas possible. Ça lui est arrivée il y a deux ans. Tout ce qu'elle espérait c'était d'avoir son bac pour ne pas être obligée de revivre tout ça. Je crois que ça l'aurait tuée sinon.
  • … Je ne veux pas finir comme ça... Elle est quoi pour toi ?
  • Une merveilleuse amie, une confidente, ma première aussi. J'étais en seconde, j'ai souffert de ne pas savoir quoi faire pour l'aider. Et tous ses amis se sont détournés d'elle, l'ont insultée, traitée comme de la merde...
  • Je ne veux pas qu'un de ces porcs me dépucèle l'anus.
  • … Ca arrivera, que tu le veuilles ou non.
  • Non, pas si quelqu'un le fait avant... soit le premier, s'il te plait.
  • Tu dois te douter que je rêve de le faire, et te faire plein d'autres trucs aussi. Mais, si c'est pour te préparer à leurs assauts, je le ferai à leur manière.
  • C’est-à-dire ?
  • Pas de préparation particulière, pas de lubrifiant. Ça te fera très mal, mais j'irai doucement.
  • Ok, ça me va. J'ai envie qu'on arrive vite chez toi pour que tu me le fasses.
  • Quoi ? Aujourd'hui ?
  • Les vacances sont dans une semaine et demi. Je ne pense pas qu'ils laissent mon cul tranquille jusque là… le prof de sport a déjà voulu me pénétrer par là…
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