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Chapitre 15 : Je ne suis pas Martin

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  • Coucou papa, tu travailles encore ?
  • Coucou ma puce. Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de ta visite ?
  • … J’ai une nouvelle.
  • Ha oui ? Ça ne serait pas les résultats de ton bac blanc par hasard ?
  • Je ne peux vraiment rien te cacher. Et d’après toi, j’ai eu combien ?
  • Vu que tu n’as pas bossé plus de deux heures sur tes révisions… 16, mais toujours première de classe.
  • 18,4 de moyenne, loin devant tout le monde. C’était vraiment trop facile.
  • Je suis très fier de toi, mais j’espère que tu ne t’es pas vantée devant les autres…
  • Et pourquoi pas ? Ils sont tous tellement nuls. De toute façon, ça ne changera rien, je n’ai aucun ami.
  • Jade, avoir des amis c’est important aussi dans la vie.
  • Ceux de ma classe sont tellement immatures…
  • Tu dis ça alors que tu n’as que 16 ans, que tu as un an d’avance, que ceux que tu côtoies ont entre 17 et 20 ans… Ne te prends pas pour la meilleure.
  • Peut-être pas du monde, mais du lycée…
  • Ça suffit !
  • … Papa, je n’aime pas quand tu te fâches. Et si ce soir on fêtait juste mes résultats.
  • Ok. Mais, ta mère risque de rentrer plus tard que prévu. Je crois qu’elle a quelques soucis à la mairie.
  • Tant mieux. J’adore lorsqu’on est seulement tous les deux. Regarde, j’ai pris mon casque pour que tu me ramènes en moto avec toi.

 

Pauline refusait que Jade monte sur le moindre deux roues. Elle trouvait cela bien trop risqué. Même si je n’avais pas eu d’accident depuis de très nombreuses années… depuis que je l’avais surprise au lit avec son ex… elle avait une peur bleue que ça arrive à nouveau. Malheureusement, dès qu’elle regardait mon dos, elle y pensait. Les marques étaient toujours présentes et n’avaient pas été effacées par le temps, sans parler de ma cheville qui me permettait de prédire le temps.

 

Ce n’était pas la première fois que je faisais monter Jade avec moi sur la moto. C’était notre petit secret à nous, et je savais qu’elle ne le dirait jamais à sa mère. De toute façon, je me doutais bien que si un jour Pauline l’apprenait, je me ferai engueuler comme pas possible. Je m’excuserais alors, elle me ferait la tête pendant quelques heures, et nous nous réconcilierions comme à chaque fois.

 

Pendant que je finissais deux-trois trucs, Jade m’attendais sans rien dire à me regarder travailler. Puis, nous sommes partis, nous sommes arrivés à la maison.

  • Que veux-tu que je prépare pour le repas ?
  • Je peux choisir ce que je veux ?
  • Dans la limite du possible.
  • D’accord… Quelque chose de spécial alors… Saumon fumé en entrée, noix de Saint Jacques comme tu sais si bien les faires…
  • Ok… Bon, je vais vite aller faire des courses en espérant que la poissonnerie n’est pas fermée… J’imagine qu’un mille feuilles en dessert te fera plaisir…
  • Evidemment. En attendant, je vais me faire belle pour cette soirée spéciale.

 

Jade était très attachée à moi. Elle m’avait mis sur un piédestal que je ne méritais vraiment pas. Son adolescence avait été plutôt facile avec moi, très compliquée avec sa mère. J’étais fier de ses résultats scolaires, mais inquiet tout de même. Elle n’avait aucun ami, et cela depuis toute petite déjà. Elle ne s’entendait qu’avec les enfants bien plus âgés qu’elle. Etait-ce une conséquence de sa vie lorsque mes enfants de mon premier mariage habitaient avec nous ? Tous les trois s’entendaient parfaitement bien.

 

Je ne lui ai jamais connu de petit copain. J’ai plusieurs fois abordé le sujet avec elle, mais personne qui ne lui plaisait. Je me suis demandé un moment si elle était lesbienne, tout comme sa demi-sœur. Ça la fit rire. Pourtant, même si un parent trouve toujours son enfant comme étant le plus beau du monde, Jade était vraiment très jolie. Elle attirait le regard. Mais son air méprisant vis-à-vis de ceux qui osaient poser leurs yeux sur elle calmait les ardeurs tel un vent catabatique.

 

Il n’y avait plus beaucoup de choix mais j’avais ce qu’il fallait pour le repas du soir. Je suis rentré, j’ai mis quelques secondes à réaliser… Pauline ? Non, Jade… Mais… Qu’est-ce qu’elle faisait dans cette robe bleue ? Ca m’a vraiment contrarié :

  • Vas la remettre à sa place tout de suite.
  • … Papa ? Mais, je pensais te faire plaisir. C’était pas la robe que l’autre portait à votre mariage ?
  • Si, et elle n’est pas à toi ! Vas la remettre à sa place maintenant !... Et ta mère ne s’appelle pas « l’autre », mais « Pauline » !
  • Pardon papa. Je pars l’enlever tout de suite.

 

Elle me fit un bisou sur la joue, et s’en alla dans le coin des chambres. Mais, que lui était-il passé par la tête ? D’une part, cette robe avait une signification pour Pauline et moi que Jade ne pouvait pas comprendre. D’autre part, elle était bien trop sexy pour que j’ai envie de voir ma propre fille la porter.

 

Je me suis calmé doucement, j’ai commencé à préparer le repas. Je n’avais pas entendu Jade arriver, se lovant dans mon dos comme elle le faisait souvent, et me glissant un petit baiser tendre dans le cou.

  • Ça a l’air trop bon ce que tu fais. Tu m’apprendras un jour ?
  • Je suis content que tu veuilles enfin… Ce n’est pas un peu léger comme robe ?
  • Je ne savais pas quoi mettre. Mais, tu m’avais dit que tu l’aimais bien.
  • … Oui, pour aller à la plage. Fais comme tu veux, mais ce n’est pas vraiment une tenue de saison.

 

Elle sourit et me lâcha pour s’assoir sur l’établi. Ses yeux brillaient étrangement, et elle ne cessait pas de me fixer. Ça me gênait vraiment. Je lui dis alors « Vas donc mettre la table ». Elle ne bougea pas et sortit :

  • Je sais que je serais triste si maman disparaissait, mais…
  • De quoi parles-tu ? Même si ce n’est pas la grande entente entre vous deux, tu serais dévastée, comme moi d’ailleurs.
  • Peut-être… Mais… Je me dis que finalement, ça ne changerait pas grand-chose… entre nous deux.
  • … Précise ta pensée.
  • Ben, toi et moi, ce n’est pas pareil. On est super proche, on s’aime vraiment. Rien ne changera ça.
  • Ecoute Jade, je t’aime comme un père vis-à-vis de sa fille. Et je suis amoureux de ta mère.
  • On imaginait juste si elle n’était plus là.
  • Il y a un peu trop d’ambiguïté dans ce que tu dis.
  • Je savais que tu comprendrais. Je vais dans ma chambre, tu me rejoins ?

 

J’avais peur d’avoir bien compris. C’était un peu comme si je l’avais toujours senti sans vouloir l’admettre. J’ai passé quelques minutes à me demander quoi faire. Devais-je laisser passer ? Devais-je éclaircir tout de suite la chose ? J’avais envie de vomir, je me sentais sale. Qu’avais-je donc fait pour qu’elle ait de tels sentiments vis-à-vis de moi ? Je ne pouvais pas laisser passer.

 

Je suis allée rejoindre Jade dans sa chambre. Elle m’attendait allongée sur le lit, jouant avec une bretelle de sa robe, les yeux pétillants comme ceux de Pauline lorsqu’elle est excitée. Elle ouvrit la bouche pour me dire « Papa, je t’aime, et je veux que tu sois mon premier ».

 

On m’a souvent dit qu’on pouvait lire le fond de mes pensées avec l’expression de mes yeux et leur couleur. Jade avait dû clairement les voir car, dans la seconde suivante, elle prit son oreiller pour se protéger. J’étais dans une colère noire. Non, je n’étais pas ce genre de père ; non, je n’étais pas Martin.

 

J’ai grimpé sur le lit et lui ai administré une gifle avant de lui crier dessus comme je ne l’avais jamais fait jusqu’à présent. Je n’ai pas calculé ma force, mais ma main me piquait fortement après. Jade se mit à pleurer en se cachant sous sa couette, et je continuais à lui sortir tout ce qui passait dans ma tête sans me souvenir du contenu de mes propos.

 

Pauline arriva à ce moment précis, elle me cria directement dessus :

  • Yvan ? Tu l’as tapée ?
  • Oui !
  • Calme-toi ! C’est bon, moi aussi j’ai des raisons d’être de mauvaise humeur ! On a toujours dit aucune violence physique ! T’es devenu fou ou quoi ?
  • … Oui, je suis devenu fou ! Je l’ai frappée sans raison, juste par plaisir ! T’es contente, c’est ce que tu voulais entendre ?
  • Déjà, calme-toi maintenant !
  • Noooooon !

 

J’avais besoin de me calmer. Il fallait que je sorte. Pauline m’avait agressé sans rien savoir de ce qu’il venait de se passer. J’ai enfilé mon manteau, pris mes gants, pris mon casque. Je l’ai entendue parler juste avant que je ne claque la porte. Je ne sais pas ce qu’elle a dit, ça n’avait aucune importance.

 

J’ai grimpé sur ma moto, et je suis parti, poussant les tours minutes comme je ne l’avais jamais fait sur cette machine. Je me sentais mal et sale. J’ai avancé, me calmant petit à petit, sans réfléchir à aucun lieu où aller.

 

Quelques dizaines de minutes plus tard, je me suis arrêté. J’ai regardé mon téléphone, Pauline avait essayé de m’appeler 28 fois. Et justement, elle réessayait à nouveau. J’ai hésité avant de décrocher, mais, finalement

  • Ouais, tu veux quoi ?
  • … Yvan, drapeau blanc, d’accord ? Dis-moi, qu’est-ce qu’il s’est passé ?
  • Tu n’as pas demandé à Jade ?
  • Tu sais très bien, elle refuse de me parler… Elle s’est endormie. Alors ?... Je me mettrais bien à genoux devant toi pour te supplier de me raconter, mais je ne sais même pas où tu es.
  • Je ne sais pas non plus où je suis… Elle m’a demandé de coucher avec elle.
  • … Tu es certain d’avoir bien compris ?…
  • Certain ! Il n’y avait aucune possibilité de quiproquo.
  • Ok… Je vois... Ce n’est pas illogique en y réfléchissant. Rentre s’il te plait… Je te prépare une bière bien fraiche, d’accord ?
  • Pas de sexe ce soir, ok ?
  • Je n’en ai pas non plus envie… Fais attention sur la route.
  • Comme toujours. A tout de suite.

 

 

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